Manuscrits et brèves chroniques

Manuscrits

Editeurs, si vous souhaitez en savoir un peu plus sur la soixante-dizaine de manuscrits qui m’ont été confiés (genre, lectorat, calibrage, source, etc.), ou sur les auteurs que je pourrais accompagner en vue d’une publication dans vos catalogues, contactez-moi !

Auteurs, j’aurais grand plaisir à découvrir, à travailler et à porter vos textes. Mes coordonnées sont à votre disposition pour que l’on en discute.


Brèves chroniques

Des lectures personnelles, indispensable équilibre aux lectures professionnelles. Elles se nourrissent les unes des autres. Des choix plutôt contemporains, dont je tempère l’âpreté et l’urgence par de brèves incursions dans la littérature incontournable des deux siècles passés.

Mes dernières lectures sont visibles sur mon compte Instagram : https://www.instagram.com/p.grieco/

Liv Maria, Julia Kerninon, L’Iconoclaste
Un roman bu par petites lampées, amer et fleuri comme une IPA, que l’on garde longtemps en bouche. 
Beauté d’une plume légère, et grave, et libre, qui danse avec les mots.
De ces livres lumineux que l’on voudrait ne jamais refermer.


Le Secret de la Dame en Rouge, Béatrice Bottet, Scrinéo
Violette est Madame Euryale, devineresse à Paris. Son talent hors du commun : lire dans l’eau distillée le passé, le présent et l’avenir. Florimond Valence est Nocturnos, journaliste qui bat le pavé parisien toutes les nuits, pour trouver le thème de son prochain article. Les frères Collenot sont fous à lier et sèment des cadavres écervelés dans la capitale. Dans la ville-lumière de cette fin du XIXe siècle, où l’on ne jure que par le rationalisme et la science, les fluides et l’électricité, leurs destins vont jouer une partie périlleuse qui s’écrit en lettres d’encre et de sang. Romantisme, humour et frissons garantis !


PLS, Joanne Richoux, Actes Sud
Huis-clos apnéique en adolescence, dans son ardeur et dans ses terreurs. Court roman comme une claque aller-retour, comme celles que se prend Sacha, dans le corps et dans le cœur. Où il est question de se tatouer la peau, d’avoir dans la peau, de sauver sa peau… Ce texte de Joanne Richoux se dévore et nous déchire, comme tous les précédents.


Les Zola, Alice Chemama & Méliane Marcaggi, Dargaud
Où l’on découvre, avec un réel plaisir esthétique, la vie amoureuse coupée en deux de l’auteur des Rougon-Macquart. La part belle est faite aux femmes qui ont fait l’homme de lettres et de l’engagement politique. Une seule envie : replonger dans l’œuvre naturaliste qui a si méticuleusement dépeint toutes les facettes du Second Empire.


Protocole gouvernante, Guillaume Lavenant, Rivages
Elle arrive un jour dans cette maison flambant neuf, au sein de cette famille, aisée et anonyme comme tant d’autres dans le quartier résidentiel de ceux qui ont réussi leur vie et acheté un véhicule-miroir de leur standing. Elle arrive parmi eux pour les soulager, surtout de leurs enfants, Elena et Charles. Elle arrive insidieusement, menace sourde qui écaille, ici et là, le vernis d’une existence policée. Elle a une mission, elle ira jusqu’au bout, quoi qu’il lui en coûte. Ce roman se lit comme une fable, et pourrait bien être celle, revisitée, du Joueur de flûte de Hamelin, portée par une narration singulière et captivante.


Parasite, Sylvain Forge, Mazarine / Thriller
Une enquête glaçante au cœur d’un puissant réseau de pédophilie, aux inquiétantes ramifications tant digitales que végétales, qui mélange allègrement prédation sexuelle et culture tribale. L’écriture est terriblement efficace, l’ambiance fascinante, sur fond d’innovation technologique et de manigances politiques.


Ma Dévotion, Julia Kerninon, Le Rouergue / La Brune
Elle et lui sont des enfants d’ambassade, des expatriés. Depuis leur rencontre dans un palazzo italien, au seuil de leur adolescence, à leurs retrouvailles près de soixante ans plus tard, au hasard d’une rue d’Amsterdam, la narratrice brosse avec des mots pleins de joliesse, d’abnégation et de fougue, le portrait de ces déracinés. Portés au gré de leurs plumes et de leurs pinceaux, d’un amour de jeunesse à une amitié fusionnelle, elle et lui tissent un lien indéfectible, au prix de lourds sacrifices.


Né d’aucune femme, Franck Bouysse, La Manufacture de livres
Voici l’histoire magistralement sordide de Rose, jeune fille innocente qui tombe sous la coupe ultraviolente du maître de forge auquel elle a été vendue. Sous les yeux de sa propre mère et avec sa malédiction, le geôlier possède l’adolescente jusqu’au plus profond de son corps et de son âme, dans une cruauté sans nom. Rose tente de s’accrocher aux parois de cette descente aux enfers, malgré la folie, malgré l’irréparable, malgré l’indicible. Et ce qui ne peut pas être dit peut être écrit, et ce qui est écrit pourrait la sauver… peut-être.


Agathe, Anne-Cathrine Bomann, La Peuplade
Ce psychanalyste proche de la retraite, transparent à la vie et qui n’aspire qu’à déposer les armes de la catharsis, ne cesse de compter. Il compte les jours, les heures qui le séparent encore du silence absolu. Mais c’était compter sans ses rencontres avec Agathe, douze fois. Douze séances pendant lesquelles il va patiemment ôter les couches superposées qui mènent de la pierre brute à la pierre fine. Entre le vieil homme et la jeune femme, ce sont douze étapes d’un chemin en miroir, qui refait affluer le sang dans les veines, ravive le regard au monde et confère un second souffle. Un court roman solaire, que l’on referme pensivement le sourire aux lèvres.


Trois garçons, Jessica Schiefauer, Editions Thierry Magnier
Un bien étrange conte que ce roman onirique sans tabous… Kim, Bella et Momo ont 14 ans, des corps qui se transforment et une peur panique des garçons. Lorsqu’une fleur très particulière pousse ex nihilo dans la serre qu’entretient amoureusement Bella, l’équilibre du trio bascule. Ce récit nocturne et hors du temps aborde avec délicatesse le genre, la fin de l’innocence et l’ambiguïté des relations adolescentes.


Nino dans la nuit, Capucine et Simon Johannin, Allia
Nino, Lale, Malik et Charlie sont des oiseaux de nuit, flamboyants sous les lumières des paradis artificiels. Ils sont beaux, ils sont entiers, ils sortent du rang et de tout ce qui ment dans une société dont ils rejettent la mécanique hypocrite. Trajectoires cahotiques, visions sublimes et ambiances décadentes : avec un sens de la formule aussi brut que poétique, Capucine et Simon Johannin nous parlent d’une génération sans compromis qui fait imploser les règles.


Cendres, Johanna Marines, SNAG
Une descente aux enfers dans univers steampunk, habile cocktail des ingrédients du genre. L’immersion est totale, le smog impeccable dans son rôle de révélateur des noirceurs de l’âme.





Le Bouc-émissaire, Daphné du Maurier, Le Livre de Poche
Parce que Rebbecca, lu deux fois presque coup sur coup, 25 years ago. Parce que les conseils de lecture de Françoise Grard sont toujours précieux. Parce que l’écriture de Daphné du Maurier, ses thèmes, ses descriptions, ses intrigues, ont tant cherché à démasquer les faux-semblants, en réponse à sa quête personnelle.



Toffee Darling, Joanne Richoux, Sarbacane
Il faut lire l’œuvre intégrale de Joanne Richoux, et pas seulement à cause du chapitre 5 de ce plus-que-road book.
Pour la confiance, l’étincelle et la liberté.
#eternelleado #tributetojackkerouac





Leurs Enfants après eux, Nicolas Matthieu, Actes Sud
De la volupté crue, une prose poétique et orageuse qui sent le gazoil, la défonce, l’ennui, et l’odeur douceâtre, tour à tour verte et écœurante, qui émane du lac, miroir trouble – ou abîme ? – des rêves et des frustrations. Des personnages tenaillés par le besoin impérieux de s’échapper du médiocre. Vraie addiction de lecture, passée la répulsion première. Et puis ce titre biblique, si ample, balayant passé, présent et futur d’un coup de sneaker fatiguée.


Réparer les vivants, Maylis de Kerangal, Gallimard
Que n’ai-je plongé plus tôt dans l’écriture follement synesthésique de Maylis de Kerangal ? Roman d’une beauté douloureuse, héros déchirés qui composent une pietà moderne, portés par les anges de la chirurgie cardiaque dont les ailes de Harfang sont faites de scalpels. Un hymne cruel à l’éternelle régénérescence de la chair.



En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis, Le Seuil
De la bile en barre. C’est la bouche âcre et l’œil plein d’ecchymoses que l’on assiste, année après année, au supplice du jeune Eddy, qui ne connaît que de rares moments de grâce. Mais l’on se prend à ne pas condamner tout à fait ses tortionnaires, mi-lucides, mi-abrutis. Abrutis par les trois-huit et la pauvreté. Abrutis par l’ignorance crasse et l’endogamie qui rôde. C’est avec une incrédulité certaine que l’on quitte, sans regret, le héros au terme de sa scolarité.


La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker, De Fallois
C’est une vérité au-delà de tout soupçon qui éclabousse le lecteur au bout de quelques centaines de pages. En regardant par-dessus l’épaule de Marcus Goldman et de son ténébreux alter ego Harry Quebert, on saute à pieds joints dans une toile d’Edward Hopper pour élucider le mystère de la disparition de Nola Kellergan, sacrifiée sur l’autel des mensonges, de l’ambivalence et de la cupidité.


Printemps amers, Françoise Grard, Maurice Nadeau
Françoise Grard a vécu autant de vies que plusieurs félins réunis. De Paris à Albi, de la Hongrie au Vietnam et au Portugal, ses souvenirs de jeunesse sont scrutés à la loupe, passés au crible de l’autodérision, qui évoque avec des mots aussi tendres qu’impitoyables les figures fondatrices de l’enfance et de l’adolescence. Au fil des chapitres se dessine la carte d’une géographie émotionnelle riche et surréaliste.


Tension extrême, Sylvain Forge, Fayard
Un thriller glaçant de vraisemblance qui traite de la cybermenace liée au développement phénoménal de la domotique et de la connectique à tout-va. Qui traque qui ? A l’heure de la couverture 5G, des puces, de la dématérialisation qui est censée nous faire exister davantage, ce questionnement relatif à ce qui fait l’humanité en chacun de nous est indispensable et salutaire.


Chanson douce, Leïla Slimani, Gallimard
La mélodie commence par un hurlement. Le drame qui frappe de plein fouet le lecteur donne le LA à la partition que jouent à quatre mains Louise et Myriam, dans une gamme confuse des rôles et des sentiments. Tuer pour n’avoir pas su, hurler pour n’avoir pas vu, la complainte est sourde, et violente, et terrifiante.


Dans le jardin de l’ogre, Leïla Slimani, Gallimard
En consommant les hommes, Adèle s’enfonce dans sa propre dévoration. On a l’impression de mâcher du verre pilé, de se laver avec du papier émeri, tant la chair des mots est fragile, tant les maux dont souffre l’héroïne semblent incurables.



INSCRIPTION A LA LETTRE D’INFORMATION DE PAOLA GRIECO

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